IT’S PEOPLE, HOW ABSTRACT CAN IT GET ?

« It's people, how abstract can it get ? » est une installation photographique qui parle de la priorité de l’expérience individuelle. Du fait de donner une forme visuelle aux émotions qui sont l’objet de l’expérience. Toutes les photographies ont été prises pendant les répétitions de « The Goldlanbergs » au studio Cunningham, avec comme seule source de lumière, la lumière naturelle traversant ses grandes fenêtres, saisissant un groupe engagé dans un moment chorégraphique, dans un espace assombri. Les photos sont orchestrées en un déroulé semblable à celui d’une  représentation. Elles sont présentées dans un environnement soigneusement mis en scène par une lumière qui change constamment, et par une bande son d’extraits de « The Quiet in the Land », un  documentaire radio réalisé par Glenn Gould. Ni documentaires, ni posées ces images dégagent un sens ambigu d’une réalité qui a lieu au sein d’une autre.  La photographie non pas comme preuve tangible du réel ou autorité qui transcende l’interprétation, mais plutôt comme portraits de personnes, portraits dérangeants car elles sont à la fois communes et au delà de l’ordinaire.

 Peintures en tout point sauf par leur technique, dans la veine du chiaroscuro, ces photographies embrassent l’immédiateté du corps, de la lumière, de l’ombre et de la texture comme matière. Gothiques dans leur intense mystère et baroques dans leur indulgente et tangible luxure, elles nous rappellent combien poétique et extraordinaire l’ordinaire peut être. Comment des personnes dans la lumière changeante de l’acte artistique deviennent chargées et puissamment suggestives pour nous. Entre sensualité et dégradation, obscurité et menaçante lumière, fragilité et vulnérabilité, ces moments de drame haletant créent une humeur d’incertitude permanente à travers le fait que le regard du sujet n’est dans aucune photo pointé vers le spectateur. Pas une beauté de perfection, mais une beauté née de vulnérabilités, d’incertitudes, de doutes et d’opportunités.

 Les contradictions entre intime et méconnu suscitent une impression de fugacité, d’ histoire jamais entièrement racontée, d’éphémère plutôt qu’elles ne révèlent des moments de réalité capturée ou des images construites d’un fantasme mis en scène. On y trouve grandeur et opulence, mais les photographies évoquent aussi une humeur au silence, à l’introspection, et une certaine subversion.

 
 

Presse

 

« Dans l'expo « It's People, How Abstract Can It Get ? » Gat ne fait pas des photos de danse mais de gens emportés par leur danse. Au plus proche de la réalité du plateau, les clichés révèlent ce qui ne peut apparaitre a l'œil nu dans un spectacle le vide, la solitude, la concentration, l'hésitation et la détermination. »

Libération, Marie-Christine Vernay, 26 juin 2013

 

« Ses photos ciselées dans l'or tendre de la chair et du soleil font l'objet d'installations à la chapelle et la cave de l'Agora. L'une et l'autre évoquent l'intimité dans une nuit de velours, bruissante de pas ou de cantiques. Immobile mais hypnotique, c'est l'autre chant de la danse. »

Le Figaro, Ariane Bavelier, 25 juin 2013

 

« Les photos ont une luminosité tout à fait particulière qui leur confère un aspect plus proche de la peinture flamande que de n’importe quel travail photographique. (…) Au final, ces photographies n’ont absolument aucun point commun avec ce que l’on considère comme une « photo de danse ». Rien à voir. (…) Ce sont des épreuves sans finalité médiatique ou utiles, sans volonté de reproduire ni d’illustrer. Elles dévoilent l’essence de la danse, soit ce qui échappe toujours puisqu’elle est l’art des interstices et des intervalles, ce qui passe, ce qui prélève du temps dans l’espace.  Cette installation invite le spectateur à percevoir, à s’approprier une autre approche de la danse, plus intime, plus secrète et plus proche de la démarche du chorégraphe, avec la part d’énigme que cela suppose. »

Danser Canal Historique, Agnès Izrine / Thomas Hahn, juin 2013


« In a pitch-dark space, 10 or so images of rehearsals for The Goldlandbergs are slowly, gradually illuminated; taken in a black studio with natural light, they show us performers who seem to emerge from the shadows, their features or the line of their neck and shoulders captured in clair-obscur with a delicacy reminiscent of Dutch Master painting. » 

Financial Times, Laura Cappelle, 24 juin 2013

 

« Des rayons lumineux tombent sur des silhouettes qui semblent sortir directement d’une peinture de chiaroscuro. Cependant  il ne s’agit pas de personnages bibliques, mais des danseurs de Gat, photographiés par le chorégraphe lui-même. Le dos blanc du coréen Pansun Kim tranche tel celui d’un moine sur le fond de la nuit. D’autres sembles animés par une force supérieure et peints à l’huile. Les solistes, les couples restent seuls avec eux-mêmes, sans référence aucune à une parabole, ou à une chorégraphie. Qu’une parfaite illusion de Renaissance ou de Baroque puisse toutefois être créée réside dans l’expérience considérable de Gat d’un côté et un heureux hasard de l’autre. » 

Tanz, Thomas Hahn, août septembre 2013

 

“The still photographs of his dancers that Gat took during rehearsals are shining in the night dark space of the church like contemporary re-creations of the old masters, a children’s choir is singing Christian chorals. Later we can hear the same transmission for “The Goldlandbergs”, in which Gat assembles both, the well known recordings of Glenn Gould’s “Goldberg Variations” and a broadcasting reportage the pianist did about a Mennonite village in the north of the country. Bach’s Variations are the counterpoint to the everyday life situations of the members of the sect, thereby loosing all their exotic liberty. The variable lines and crowds of people that Gat piles up vertically, come to reflect the structure and mood of the music in individual variations. The hopefulness in the old and new Emanuel Gat can once again be seen in the way he not only knows how to use and widen the spatial dimensions variously, but also in the way he reflects visibly and tangibly timing and temporal, historical dimensions.”

Eva Elisabeth Fusher